04 avril 2010
Comment je suis devenu Youri Gagarine
Tout part en sucette.
La connexion internet avec cap Canaveral oscille entre l’indiscipline et la récalcitrance ; entre l’insoumission et le plantage total. J'envoie mes billets par fax. Si je veux regarder des images de cul, je suis obligé d'utiliser le minitel.
C'est pas très bien. La définition n’est pas terrible-terrible. Le débit est nul. Je m'ennuie.
Du coup, re-je tourne en rond, et re-je ne dors pas.
Avec mon télescope, je regarde la Terre. Je regarde les gens. Je regarde un couple se draguer au café, et j'en tire des conclusions sur l'avenir de la société occidentale.
Elle commande du coca cola et lui aussi, mais light.
Conclusion : la femme se libère, l'homme s'enchaine.
Pour me distraire, je fais sonner leur portable
Lui ne décroche pas alors que elle, si.
Conclusion : c'est lui qui la drague.
Finalement, ca a l'air de s'engager pas mal, leur rencard, ils rigolent et tout, mais au moment de l'addition, ils partagent. C'est moderne.
J'ai bien fait de quitter la terre.
30 mars 2010
Comment je suis devenu Youri Gagarine
Alors voilà, je suis parti…
Avant tout, je tenais à remercier toute l’équipe du programme spatial pour le pot de départ, et particulièrement Jeannine et Sylvie du secrétariat pour la décoration de cap Canaveral. Les petits fours étaient délicieux, j’espère ne pas avoir abusé du champagne.
Le discours de Madame Fleury sur la conquête spatiale était très émouvant. Quand même, ca fait quelque chose de se dire qu’on y a tous participé. Ca va vous faire un sacré paquet de cotillons à balayer lundi prochain, et moi je serai déjà loin, héhé !
Bon, j’aurai du mal à vous envoyer des cartes postales de là haut, mais j’essayerai d’envoyer mes rapports par le visiophone.
Je crois que je vais couper la communication, j’ai des haut le cœur.
Je vous préviens les mecs, c’est pas du tout comme à l’entrainement. A moins que ce ne soient les friands à la saucisse de Madame Fleury. J’ai du en prendre 3 ou 4 de suite et … je reviens….
Ca a l’air d’aller mieux.
Bon, ben voilà, j’ai quitté la stratosphère.
Par le hublot, bon, ben c’est grand, c’est un peu flippant : c’est très joli, c’est un grand trou noir on dirait un peu Neuilly !. Et puis il y a ce bruit qui fait comme ça : claclaclac depuis que j’ai largué les propulseurs, je me demande si c’est tout à fait normal. Je vais pas m’inquieter des le départ, mais c’est quand même énervant. Puis je crois que challenger aussi, ils ont entendu des bruits de ce genre pendant les 73 secondes qu’a duré leur voyage. J’attend. Ca fait plus d’une minute 13. C’est bon.
Sinon, j’ai déjà trouvé des occupations, la station a beau ne faire que 11 m2, je sens que je ne vais pas m’ennuyer. Déjà, rien que l‘écran de contrôle, on dirait un poste de télévision, il ne manque plus que le magnétoscope. Je dis ca pour les ingénieurs qui travaillent sur mir2.
De plus, il y a bien quelques ondes radio que j’arrive à choper ça et là, bon évidemment, c’est plus des bruits que des sons, mais ca occupe….
Notez que j’aurais quand même été surpris d’entendre une voix qui dise
«Attention, si vous sortez de l’atmosphère par la sortie nord-est de la terre, nous vous signalons une collision entre deux satellites, et vous serez dans les bouchons sur 278 millions de kilomètres, nous vous conseillons l’itinéraire bis en passant par Neptune. Votre voyage sera rallongé de 2,3 milliards de kilomètres, mais vous gagnez deux heures. »
Voilà.
Je vais interrompre la transmission.
Et le claclaclac de tout à l’heure va en empirant un peu. Je me demande si ca vient pas du cardan de direction. Il faudrait quand même pas que tout parte en sucette dès le départ hein.
Et puis il va falloir que je retourne aux cabinets.
Over



